jeudi 17 octobre 2019, Visiteurs : 597133
BANDEAU

رأينا هو صوت ألمبادرة الشعبية من أجل الحرية والعدالة الاجتماعية والتضامن. من أجل ابأدت أنظمة القمع واﻹستغلال للشعوب من أجل بديل مناهض للرأسمالية

RAÏNA porte la voix de l’Initiative populaire en Algérie pour la liberté, la justice sociale, la solidarité. Pour la fin des systèmes d’oppression et d’exploitation des peuples. Pour une alternative anticapitaliste.

Rideau sur une vie d’artiste

Version imprimable de cet article Version imprimable
mardi, 7 janvier 2014 00:10

Sinistre privilège de compter parmi ceux qui restent pour écrire sur les amis qui partent, on ne peut ni s’exonérer du devoir d’hommage, ni se soustraire au pénible exercice de conjuguer un être vivant dans nos cœurs, au passé de l’état civil, ni se dérober à l’appel de l’évocation informative, même sous le sceau de l’émotion. M’hamed Benguettaf est mort à 75 ans et il faut dire qu’en recevant l’information à l’orée de la nuit, même le sachant souffrant depuis plusieurs mois, la nouvelle « tombe comme un couperet », selon la formule consacrée. Et ce n’est assurément pas parce qu’il en a été directeur depuis une dizaine d’années, que le TNA au square Port-Saïd, « l’Opéra » pour ses intimes, va nous sembler encore plus vide qu’il ne l’est depuis quelque temps déjà, après les départs en série, en retraite, vers d’autres cieux ou vers… le ciel, dont justement Benguettaf est le dernier hôte. Sans se départir du respect dû à la nouvelle génération qui tente avec plus ou moins de bonheur de redorer le blason désormais bien terni d’un théâtre qu’il n’est ni injuste ni exagéré de qualifier de « moribond », il faut dire qu’avec cet ultime tomber de rideau sur un parcours d’un homme de théâtre à part, la scène sera encore plus vide, les planches plus froides et l’atmosphère dans les coulisses moins chaleureuse. Sans Benguettaf, qui est le dernier à être présent dans
l’« Opéra » depuis le milieu des années soixante, qui en a connu les heures de gloire et celles de saisons maigres, le jeu d’orgue ne diffusera plus qu’un éclairage en berne et les flaques de lumières ne fuseront des projecteurs que pour retomber sur scène sans éclat, pâles et diaphanes. C’est qu’il avait de la présence scénique, ce M’hamed ! Ils sont, plutôt étaient, certes nombreux les comédiens (et comédiennes) du TNA à posséder un grand talent qu’ils irriguaient sur les planches de toute leur générosité artistique, mais Benguettaf avait cette aisance, cette prestance et cette sobriété, qu’on ne peut comparer, tout en sachant que comparaison n’est pas raison, à celles de Larbi Zekkal, parti il y a trois ans. Ayant fait ses classes dans le théâtre radiophonique, il en a gardé une parfaite maîtrise de la diction, en se frottant à des pairs de scène de la trempe de Hassan El Hassani, Rouiched ou Keltoum, et acquerra cette aisance sans laquelle l’acteur le mieux formé sur le plan académique, ne serait qu’un piètre cabotin étalant son savoir-faire technique d’expression vocale et corporelle. Avec quelques apparitions dans le cinéma et la télévision qui ne passeront certes pas dans la postérité, il continuera sa carrière en campant des rôles dans l’amour de sa vie, le théâtre et ce, jusqu’à la fin des années soixante-dix. Là, se sentant à l’étroit, il s’essayera à l’écriture dramatique et, de succès d’estime en confirmation en passant par deux ou trois échecs, il finira par s’imposer comme l’un des auteurs et adaptateurs les plus prolifiques, notamment grâce à une parfaite maîtrise du dialogue et du verbe arabe qui les irrigue. Artiste dans l’âme, il ne se refusera pas une aventure dans le théâtre hors secteur public, dans la troupe « El Kalaâ » (la citadelle), compagnie qu’il rejoindra avec Ziani, Sonia et le regretté Medjoubi et qui donnera de nombreux spectacles en France. Depuis une dizaine d’années directeur du Théâtre national, qu’il gérera sous le sceau du bon et du moins bon, on retiendra surtout deux encouragements, ceux de nouveaux talents d’une part, et de l’autre, l’impulsion au moins morale de l’ouverture de nombre de théâtres régionaux. Enfin, l’artiste étant par nature indissociable de l’être humain, il faut dire que Benguettaf avait beaucoup de classe et savait partager son sens de l’humour, de la politesse et de la modestie, en personnalité très attachante tout simplement. C’est ce versant humain qui nous manquera et qu’on regrettera. Parce que c’est dans cette humanité, trait fondateur de son caractère, qu’il a puisé tout ce qu’il a donné au théâtre algérien. Adieu M’hamed.

Nadjib Stambouli


Visiteurs : 272 / 597133

--- Répondre à cet article ---

A tous nos amis et lecteurs qui nous ont sollicités pour connaitre d’avantage la « MOUBADARA du 24 Février 1971
A tous nos amis et lecteurs qui nous ont sollicité pour connaître d’avantage la « MOUBADARA du 24 Février 1971 » ( suite à nos deux dernières déclarations parues sur le journal (...)
بيان مبادرة 24 فيفري
يمكن تفسير المظاهرات الشعبية ليوم 22 فيفري 2019 على كافة التراب الوطني ضد العهدة الخامسة لبوتفليقة لأول وهلة على انها رفض للسياسة الاجتماعية والاقتصادية المطبقة خلال السنوات العشرين الأخيرة (...)
DÉCLARATION DE LA MOUBADARA DU 24 FÉVRIER
DÉCLARATION DE LA MOUBADARA DU 24 FÉVRIER Les manifestations populaires du 22 février 2019 à travers le pays contre le cinquième mandat de Bouteflika s’interprètent à (...)
Accueil du site | Contact | Plan du site | Se connecter Suivre la vie du site Elle,il, vient de nous quitter
logo facebook logo youtube logo google logo facebook
Copyright 2014 RAINA

19 visiteurs en ce moment