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Esquisse d’un programme de libération et de réappropriation de la terre PAR Saci Belgat

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mercredi, 19 février 2020 12:37

Chouhada vous avez libéré la terre du gros colon d’origine Européenne 58 ans après d’autres colons autochtones ou mieux encore issus comme moi de l’ancien peuple indigène ont colonisé ou colonisent la terre que vous avez libérée.
en ce jour 18 février qui est le vôtre je vous livre un état des lieux de la terre et l’esquisse d’un programme de libération et de réappropriation de la terre
ETAT DES LIEUX :
- les terres coloniales du Nord regroupées à l’indépendance en patrimoine foncier de la communauté nationale ont été quasiment toutes privatisées. Tous les subterfuges et astuces juridiques ont été utilisés pour y arriver
- démantèlement en plusieurs phases des terres collectives de l’Etat-
- privatisations en E.A.C et E.A.I sans donner les moyens de production aux petits bénéficiaires. Résultats : le ministère qui est en charge de la question est dans l’incapacité de fournir une cartographie exacte de ce qui est encore du domaine des E.A.I et E.A.C. les terres ont été vendues à des tiers personnes,et généralement externes au monde agricole et paysan
- certaines pontes militaires et civiles se sont carrément emparées de domaines autogérées , c’est le cas du domaine de Borgeaud rebaptisé du nom du valeureux Chahid Bouchaoui à l’indépendance.Ce domaine trappiste a été dépecé en propriétés somptueuses par ceux là qui jurent dans leurs discours de fidélité à votre combat.
Cette privatisation contrebandière hélas n’a pas concerné que ce domaine, la réplique existe dans la plaine de la Mitidja, de la Bounamoussa , de Skikda et ailleurs.
- les fermes expérimentales qui un moment ont échappé à cette razzia ont fini la course dans le panier des nouveaux colons , des oligarques convertis en "investisseurs" , l’Etat leur a servi généreusement le beurre, c’est à dire la terre, et l’argent du beurre , le financement par les banques sans compter tous les soutiens.
- 2 millions d’ha de la steppe et du Sud leur ont été distribuées toujours sous des lois scélérates. quand on examine ces lois , elles ne différent en rien des lois sur la concession coloniale des terres.
avec le même procédé les heureux élus du système oligarchique reçoivent la terre par dizaines de milliers d’hectares et le financement avec. Nous avons assisté crédule, à l’exception de quelques patriotes vigilants à la plus grande braderie néolibérale de la fin du XX siècle.
DANS QUEL ETAT EST L’AGRICULTURE :
- la production ne suffit pas pour nourrir le peuple libéré du colon, à peine si elle couvre 20% de ses besoins
- la surface agricole utile ( S. A. U) de l’indépendance a aujourd’hui a très faiblement augmenté dans le Nord, elle est passée de 7 millions d’ha à 8 millions d’ha.
- les parcours steppiques ont régressé de 15 millions d’ha de parcours, il en reste moins de 5 millions d’ha en état moyennement à peu dégradés , c’est à dire pouvant encore supporté un élevage extensif.
- les surfaces oasiennes ont régressé drastiquement, faute de cartographie on ne sait pas de combien elles ont régressé.
- les sols sont de moins en moins fertiles et la salinité reprend ses droits dans toutes les plaines alluvionnaires, la Bounamoussa, la plaine de l’oued Zramna, de l’oued Nil, Jijel, des issers , de la Mitidja, du haut et du bas Mazafran, du haut et du bas chellif, de la plaine de Mohamedia, de Ghriss.
Cette salinisation secondaire est due à une mauvaise irrigation, à un système de drainage déficient et à des cultures excessivement friandes en eau et des amendements chimiques non contrôlés.
EST CE POUR AUTANT QUE LE TABLEAU EST TOUT NOIR :
non, des agriculteurs paysans les vrais ceux qui sont intrinsèquement à leurs terres produisent , cultivent, veillent sur la santé de leurs sols mais généralement ils sont les oubliés de l’ETAT et plus particulièrement durant ces 10 dernières années.
- de nouveaux vergers fruitiers ont vu le jour, de nouvelles plantations oléicoles , de nouveaux vignobles, une nouvelle façon de produire les légumes.
ça veut dire que cette agriculture est la solution.
il faut un diagnostic sérieux, sans complaisance et une meilleure intervention ciblée de l’ Etat.
- arrêter cette fuite en avant mafieuse , faire un audit sur les terres cédées , contrôler ce qui a été mis en valeur et le soutenir, récupérer toutes les terres non exploitées et les organiser sous d’autres formes, coopératives de jeunes, de paysans , d’ingénieurs et de techniciens agronomes.
- exiger des banques qu’elles récupèrent tous les crédits fonciers et là où les crédits ont été détournés de leur objectif, à savoir la mise en valeur et la production agricole.
- LES TERRES STEPPIQUES :
reconsidérer la politique steppique, la steppe n’est pas faite pour le blé mais pour l’élevage.
- lancer un programme national d’aménagement steppique avec un contrôle strict : il est impératif de reconstituer le couvert végétal là où c’est encore possible.
- réfléchir à une gestion rationnelle du cheptel ovin en procédant à des rotations par zone bioclimatique.
- réduire certainement la taille du cheptel, les parcours steppiques ne peuvent supporter 24 millions de têtes.
LA QUESTION DE L’EAU
il n y a pas d’agriculture sans eau 70% des réserves hydriques sont consommées par l’agriculture.
- notre pays ne mobilise que 9 milliards de m3 d’eau en eau de surface et moins de 2 milliards dans les aquifères.
toutes les nappes alluvionnaires du Nord sont en déficit et il faut les reconstituer.
en comptant uniquement sur nos capacités climatiques de l’atlas tellien , il est quasiment impossible de développer l’agriculture et de satisfaire nos besoins alimentaires, de sécurité et de souveraineté.
Où trouver donc l’eau ?
en plus de l’exploitation maximum du château d’eau de la chaîne Tellienne , des transferts d’eau sur les hautes plaines là où existe la terre agricole , il faut songer à une meilleure exploitation et transfert d’eau du Sud.
- commençons par les nappes des chotts, chott ech chergui , capacité 300 milliards de m3 dont une bonne partie est renouvelable, cette eau doit servir à développer l’agriculture des monts de Saïda et peut être même l’étendre à la plaine de Ghriss ( reprendre le plan colonial à ce sujet)
le chott el Gharbi pour le sud de Bel Abbes , et du telague
le chott mghir au sud pour le souf.
- il faut une cartographie précise des nappes, de leur étendue et des capacités réelles
Il faut songer en plus de ces nappes au transfert d’eau à partir des eaux du « Système Aquifère du Sahara Septentrional (SASS). Ce bassin aquifère couvre une superficie de 1 million de km2 dont 80% appartient à la seule Algérie c’est l’équivalent de 3000 mille milliards de m3 dont 5 milliards de m3 sont renouvelables/an.
- cette eau doit impérativement servir au développement et non une politique hasardeuse et ruineuse, l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste et la fumeuse agriculture minière Saharienne.
- 5 milliards de m3 peuvent être transférés sur les hautes plaines pour bonifier les bons sols, soit l’équivalent de 5 barrages de Benni Haroun.
QUELLE AGRICULTURE AU SAHARA :
une agriculture minière dite conventionnelle au Sahara et d’ailleurs même au Nord est un suicide .
en vérité cette politique est strictement à l’avantage des oligarques et sans aucun incident positif sur le pays et son économie.
Elle est source de gaspillage d’eau, très forte évaporation entre 2000 et 3000mm/an, c’est à dire plus 100 fois de la demande climatique.
- une dégradation des sols par un dépôt important de sels c’est R. Lahmar pédologue à ne plus présenter qui disait à ce propos "comment désertifier le désert". Un pivot en culture céréalière dépose l’équivalent de 12 tonnes de sel/ha/an.
EST IL POSSIBLE DE FAIRE DE L’AGRICULTURE AU SAHARA ET A QUELLES CONDITIONS :
la réponse est sans équivoque oui, nous pouvons développer une agriculture adaptée à ces bioclimats en milieux oasiens.
nous disposons de 100. 000 ha exploités , il reste 200.000 ha d’oasis à bonifier.
DE QUOI SOUFFRENT LES OASIS :
1- de l’ETAT : l’Etat algérien a tourné le dos aux oasis, la superficie ne fait que régresser, les sols se dégradent par absence de systèmes de drainage efficient
- un manque flagrant d’eau , les eaux des nappes du sénonien qui alimentaient les Fouggaras, les ghouts et les khettaras ne suffisent plus.
impérativement pour faire vivre, développer et étendre la culture des oasis il faut recourir aux eaux de l’Albien.
QUI PEUT LE FAIRE
il est hors de prix et des techniques à des oasiens d’aller chercher l’eau à plus de 900 mètres de profondeur. Seule la SONATRACH société de la nation est en mesure de le faire et l’Etat doit impérativement charger cette société d’un programme de puisage .
- cette eau servira à réalimenter les nappes du sénonien et remettre les puits, les foggaras, les ghoths et les khettaras en activité.
- installer des systèmes d’irrigation et de drainage efficient,
- conserver et protéger la diversité biologique des oasis, il existe quelques 1000 variétés de dattes répertoriées, sauf qu’elles ne sont pas valoriser.
A propos de la semence et des gênes , c’est à une véritable guerre dont il faut se préparer et j’invite mon ami Aziz Mouats à représenter, remettre au jour son projet de création d’une banque nationale génétique. Ce projet est capital, il est aussi stratégique que la défense nationale.
- renouvellement des plantations, rajeunissement et diversification des palmeraies.
Faire descendre des espèces fruitières climato- résistantes vers ces bioclimats
- développer la culture en étages, en réintroduisant les arbres fruitiers et en faisant des oasis le potager du nord.
- autour de ces milieux de vies particuliers on peut vendre du rêve aux occidentaux et organiser un véritable tourisme écologique et solidaire.
le Sahara et les oasis vont dans un proche avenir devenir l’une des principales destinations du nouveau tourisme, il faut s’y préparer pour accueillir et en profiter de cette manne financière.
- organisation de la commercialisation des dattes avec une politique offensive sur les marchés internationaux.
Vers l’Europe et l’Amérique faire jouer à nos ambassades la mission de facilitateurs et de pénétration de nouveaux marchés
- vers l’Afrique , songer à une politique de troc , des dattes contre les élevages notamment à nos frontières avec nos deux pays frères le Niger et le Mali. ce que me disait un oasien, nos camions descendent pleins et reviennent vides, alors que nous pouvons échanger utilement avec ces pays frères.
En conclusion , le pays des chouhada a besoin d’une vraie politique agricole, en rupture totale avec celle conduite au moins depuis 1986 et qui nous a conduit à cette impasse.
C’est ma façon d’aimer le pays de mon père et de ma mère et de leur rester fidèle.

Saci Belgat

Ingénieur agronome/pédologue.


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