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Sur les racines de la crise politique en Algerie par Ghezaili Tahar

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lundi, 29 avril 2019 07:21

De tous les débats et commentaires, dans la presse écrite et sur les chaines de télévision, au sujet la situation que vit le pays, aucun n’a mis en évidence les véritables causes de la situation catastrophique que vit le pays. Ces médias invitent à tour de rôle les mêmes personnes pour débattre des manifestations populaires en cours depuis le 22 février et de leur probable issue sans aller au delà des commentaires sur les scandales, la corruption, les attitudes anti-démocratiques, en liant leurs manifestations à la seule volonté des personnes de Ouyahya, de Said Bouteflika, de Toufik etc… qui détiennent le pouvoir, sans mettre en évidence le caractère libéral du régime qui leur a permis de prendre la direction du pays. On accuse l’armée d’être à l’origine de tous les maux comme si elle pouvait dans un tel régime échapper à l’emprise des forces dominantes. Il y’a en a même ceux qui pensent, encore, que c’est le clan de Oujda qui en est responsable. Ceci met d’une part en évidence la légèreté avec laquelle est abordée, par ces médias, la situation complexe que vit le pays et d’autre part ceci met en évidence la volonté de défigurer la nature du changement demandé par les millions d’Algériens qui sortent chaque vendredi pour demander le départ du régime. Par contre !
Personne, lors de ces débats, n’a évoqué la casse des entreprises publiques par une prétendue restructuration, confiée à des bureaux d’études travaillant pour des sociétés multinationales, dont l’objectif a été de bloquer la synergie qui commençait à s’installer dans différents secteurs comme celui de l’industrie par exemple. L’atomisation des entreprises née de cette réorganisation a été l’occasion, pour beaucoup de responsables politiques, de placer, au détriment de toute compétence, leurs proches et clients à la tête des nouvelles entreprises. Aussi l’amputation des entreprises de production de l’activité commerciale a été le moyen idoine pour limiter, progressivement, leur participation à la satisfaction des besoins développement du pays, en faveur des sociétés étrangères. Elles ont été écartées par des cahiers de charges dont les spécifications techniques ne correspondaient à aucun standard technique. Au moment où nos entreprises commençaient à mettre massivement leurs produits sur le marché, le pouvoir politique, dirigé par le FLN, a engagé des programmes d’importations massives des mêmes produits. Qu’est-ce qui a pu motiver ce type de décision si ce n’est la volonté de détruire le secteur public productif qui faisait que le dinar algérien valait plus que franc français ?
Personne n’a parlé des articles 120 et 121 utilisés, par le pouvoir, pour évacuer du syndicat, et des autres organisations de masses et des institutions économiques et administratives, tous les éléments susceptibles d’opposer une résistance aux décisions antidémocratiques, antiéconomiques, antisociales et contre la souveraineté du pays. Les purges qui en ont découlées ont permis le recrutement des opportunistes de tous bords, pour pratiquer l’intimidation et la caporalisation, en contre partie de récompenses, de promotions et autres indus avantages. Progressivement, ils ont gagné des galons et ont été promus à des postes de responsabilités pour lesquels ils n’ont fait preuve d’aucune compétence. Souvenez vous de Saidani, Sidi Said, Oueld Abbas etc..
Aucun n’a évoqué l’invitation par le pouvoir de Chadli des imams El Ghazali et Karadhaoui, auxquels il a donné l’autorisation de prêcher sur la chaine de télévision nationale, presque tous les jours et pendant des années, un islam fabriqué dans les laboratoires de la CIA. L’objectif de cette manipulation était de donner une légitimité religieuse aux crimes qui allaient être commis contre les algériens et leur patrie.
Personne dans ces débats n’a parlé des milices islamistes, qui s’entrainaient dans les forêts depuis le milieu des années 80 au vu et au su de tous et même de services de sécurité. Des milices, légitimées par les prêches de ces imams, auxquelles on crée une couverture politique, le FIS, légalisé contrairement à la loi sur les partis politiques dont l’objectif était de rendre irréversible, par la terreur, le virage à droite, entamé par Chadli après la mort de Boumediene. Le premier objectif des ces milices était de réaliser le sale boulot en éliminant physiquement sinon en les faisant fuir du pays, ceux qui opposaient une résistance à la mise à genou de l’Algérie, les communistes et les autres patriotes ont été les premiers visés. Sassi Lamouri devenu ministre des affaires religieuses, disait, en s’adressant aux terroristes, par l’intermédiaire de la télévision publique, « il ne faut pas tuer les policiers, ils ne sont pas des communistes ». Le prix payé par le pays s’élève à 200 000 morts, 600 000 travailleurs licenciés, des dizaines d’usines incendiées, des centaines d’écoles détruites et abandonnées, des centaines de milliers de déplacés, des dizaines de milliers de cadres exilés etc…
Qui dans tous ces commentaires et débats a parlé du vote par tous les partis, qui se disent de l’opposition, des lois scélérates concernant la création des associations et des partis politiques ?
Tout comme personne n’a parlé, dans ces débats, de la loi Chakib Khelil sur les hydrocarbures qui offrait sur un plateau d’or les ressources pétrolière et gazières aux sociétés étrangères. Cette loi a été votée par la majorité des élus à l’APN excepté le PT. Certains responsables de partis disaient, en s’adressant au pouvoir politique, donnez nous la démocratie nous vous donnons le pétrole.
Aucun des partis dits d’opposition n’a dénoncé le pouvoir de Bouteflika pour avoir confié des projets de développement à des sociétés étrangères alors qu’ils sont réalisables par des sociétés nationales publiques, qui ont déjà fait preuve de compétence chacune dans son domaine spécifique, avec des coûts de loin inférieurs et en créant des centaines de milliers de postes de travail. Ils lui reprochent d’avoir accepté des pots de vin, et de confier certains chantiers aux amis tels que Hadad, Kouninef. Aucun de ces partis n’a dénoncé le pouvoir de se désister de la gestion de l’aéroport d’Alger, de la société de métro et tramway, de la distribution de l’eau potable au profit des sociétés françaises. Lequel d’entre eux a dénoncé la cession des entreprises publiques aux sociétés étrangères et aux privés ? Aucun. Le PT s’offusque de temps en temps mais ne va pas plus loin.
Il s’agit d’une succession de faits qui accentuent l’inflexion à droite, de la trajectoire du plan de libéralisation de la politique économique du pays, à chaque fois où le pouvoir politique traverse des situation d’instabilité. Cette fois-ci, les conséquences sur toutes les sphères de la vie des Algériens ne permettent aucun espoir. La généralisation de la corruption, le népotisme, la multiplication des interdits, le chômage et les passe droits ont aggravé grandement la dégradation du niveau de vie de larges masses populaires. Celles-ci ont exprimé leurs mécontentements des centaines de fois pendant le règne de Bouteflika, pour dénoncer les passes droits lors des distributions de logements, la mal vie, l’exploitation par les patrons, la répression policière etc.. Sans que les partis politiques qui se disent de l’opposition leur apportent un soutien. Au contraire ce sont souvent leurs élus qui sont à l’origine des magouilles souvent dénoncées par les larges masses populaires. Petit à petit s’est créé un fossé qui sépare les masses populaires des partis politiques et du pouvoir.
Dans le fond, ces partis sont porteurs du même projet que celui porté par les forces qui constituent le pouvoir représenté par Bouteflika. Ils défendent des intérêts qui sont étroitement liés à ceux des puissances étrangères qui les soutiennent comme la Turquie, l’Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Qatar, la France, les USA, la Chine etc.. C’est la raison pour laquelle toutes les réunions qu’ils ont tenues entre eux pour élaborer un programme ont connu des échecs.
La longévité du règne de Bouteflika est le résultat des compromis entres les différents intérêts représentés par ces partis politiques et par ceux de l’alliance présidentielle. Maintenant que la crise mondiale du capitalisme et ses effets sur le marché des hydrocarbures ont réduit les bases des compromis, c’est à la loi du plus fort de trancher.
Une loi qui fera rentrer en jeu des forces étrangères, car depuis quelques années les convoitises géostratégiques des grandes puissances dans les luttes d’influences qu’elles se mènent pour la domination politique et économique, ont influé grandement sur l’élection présidentielle, du fait que l’Algérie est directement impliquée dans la réalisation de mégas projets, de dimension continentale, autour desquels se cristallisent l’essentiel des affrontements des ces grandes puissances. La présentation de la candidature de Bouteflika au 5ième mandat est une caution de garantie aux puissances avec lesquelles se sont engagées les forces qu’il représente et qui détiennent actuellement le pouvoir politique et économique en Algérie (route de la soie). Les forces adverses pour garantir la réussite de leur candidat à l’élection présidentielle, ont échafaudé un plan pour neutraliser les forces politiques qui soutiennent la candidature de Bouteflika. Elles ont utilisé les moyens dont elles disposent aux niveaux des réseaux sociaux ainsi que leurs relais dans les médias, les organisations de la société civile et dans les services pour créer un mouvement populaire contre le pouvoir en s’appuyant sur le refus du 5ième mandat déjà latent au niveau des milieux populaires. Leurs calculs ont sous estimé l’ampleur de la colère et du sentiment d’humiliation longtemps mis en sourdines, par la majorité des masses populaires qui subissent, quotidiennement les méfaits d’une gouvernance dirigée par une bande de mafieux, dans l’attente du moment idoine pour se faire justice. C’est de cette façon qu’est né le « hirak ». Il est la résultante d’une imbrication complexe de plusieurs forces qui cherchent mutuellement à se neutraliser, et de la volonté populaire de finir avec le régime des oligarques. Aujourd’hui c’est encore cette volonté populaire qui domine. Les enseignements, tirés des luttes déjà menées et des événements qui se sont déroulés dans différents pays arabes, sont à l’origine de la solidarité populaire et de l’organisation fabuleuse qui l’accompagne. Ceci ne doit pas faire oublier que les autres forces qui accompagnent ce mouvement ont des missions à accomplir et qu’elles construisent chaque jour que dieu fait des tactiques pour arriver à leurs objectifs dont les orientations sont contraires aux aspirations des masses populaires. Elles commencent toujours par éliminer les éléments susceptibles de conduire le mouvement sur la base des aspirations populaires. Souvent elles procèdent en allant dans le sens même du mouvement en proposant des voie sans issues ou en proposant des solutions pour lesquelles elles ont déjà établi les conditions de réussite. Il s’agit des groupes de personnes, qui agissent sur ordres des puissances étrangères, et qui ont subi des formations pour ce type d’opérations, certains d’entre eux ont déjà réalisé le même travail ailleurs. C’est pour cela qu’il est urgent de mettre en pratique toutes les règles de vigilance pour les repérer afin de neutraliser leurs influences et éviter une issue contraire aux aspirations des masses populaires.
Un tel travail nécessite la contribution de toutes les forces de progrès qui défendent les intérêts des masses populaires et la souveraineté nationale. Elles doivent au plus vite fédérer leurs forces dans un rassemblement national autour d’un seul programme pour imposer les libertés d’opinions, les libertés d’organisation, de réunion et de manifestation, les libertés d’expressions, pour les droits au travail, pour les droits d’accéder gratuitement aux soins, pour le droit au logement, pour le droit à l’éducation et pour l’égalité des droits des femmes et des hommes.

Ghezaili Tahar


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