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L’impérialisme moderne jugé et reconnu coupable (RT)

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mercredi, 7 février 2018 13:35

L’impérialisme – terme généralement remplacé aujourd’hui par l’euphémisme « interventionnisme libéral » - a fait l’objet cette semaine d’un procès au Waterside Theatre de Derry, en Irlande du Nord.

Cinq orateurs passionnés et bien informés, dont l’ancien ambassadeur britannique en Syrie Peter Ford, ont décrit en détail le carnage et le chaos qui ont éclaté dans le monde entier à la suite des politiques agressives et belliqueuses des États-Unis et de leurs alliés les plus proches.

L’événement aurait pu s’appeler "La Guerre en procès". Ou bien "Le Changement de Régime en procès". Ou encore "Sanctions Economiques en procès". Mais son intitulé - grâce à l’organisateur Gregory Sharkey - était "L’Imperialisme en procès" et, comme le premier orateur, l’écrivain et journaliste John Wight l’a déclaré, ce fut en soi très important.

Car la vérité, c’est que le mot en « I » est l’éléphant dans le salon du discours contemporain. Nous ne sommes pas censés reconnaître son existence. L’impérialisme, selon le récit dominant de l’establishment, prit fin lorsque les empires européens accordèrent l’indépendance à leurs colonies dans les années 1950 et 1960. En fait, l’’ancien’ impérialisme n’a été remplacé que par une nouvelle variante encore plus destructrice et certainement plus malhonnête. L’Empire britannique, lui au moins, admettait qu’il était un empire.

Aujourd’hui, l’empire néolibéral dirigé par les États-Unis, dont la Grande-Bretagne est le partenaire junior, ne fait rien de tel. Des pays entiers ont été détruits, des millions tués, et le tout accompli sous une bannière « progressiste » qui clame sa préoccupation pour les « droits de l’homme » et le « renforcement des libertés ».

Lors de son allocution électrisante, Wight a fustigé la propagande pro-impériale à laquelle nous sommes soumis sans relâche en Occident. N’est-il pas absurde, a-t-il demandé, que les troupes de l’OTAN se trouvent aux frontières de la Russie, alors que les troupes russes combattent en Syrie les mêmes groupes terroristes de Daech/Al-Qaïda qui tuent des citoyens britanniques chez eux ? Citant Marx, Wight a rappelé à l’auditoire comment les idées de la classe dirigeante deviennent les idées dominantes, et la diabolisation de la Russie en est un exemple classique. Les Britanniques ordinaires ne considèrent pas Poutine comme une ’menace’ dans leurs activités quotidiennes, mais ils considèrent - à juste titre - les groupes terroristes que la Russie a combattu comme un danger. Mais la classe dirigeante déteste la Russie parce qu’elle a contrarié ses ambitions impériales.

M. Wight a déclaré que les opposants à l’impérialisme ne devraient jamais faire marche arrière lorsqu’ils sont confrontés à des partisans de guerres d’agression criminelles, comme la guerre en Irak - qui a entraîné la mort d’environ un million de personnes et la montée de Daech. Il a rappelé que ces gens-là détestent le fait qu’il existe maintenant des médias alternatifs, comme RT, qui remettent en question le récit néolibéral/néolibéral dominant.

« Les médias alternatifs et ceux qui y travaillent sont attaqués parce qu’ils ont l’audace de poser la question la plus subversive qui soit : Pourquoi ? Pourquoi sommes-nous allés en guerre en Irak ? Pourquoi y a-t-il des sanctions contre Cuba ? Pourquoi nous attaquons-nous à l’Iran, mais sommes-nous des amis intimes des Saoudiens ? Cette question est si puissante. Nous sommes attaqués parce que nous posons la question, pourquoi ? Je me souviens du proverbe africain selon lequel jusqu’à ce que les lions aient leurs propres historiens, les récits de la chasse glorifieront toujours le chasseur. Maintenant avec les médias alternatifs, les lions ont leurs propres historiens. Nous pouvons plaider la cause du peuple syrien ; nous pouvons plaider la cause du peuple vénézuélien ; nous pouvons plaider la cause pour laquelle la Russie ne devrait pas être notre ennemi. »

Ensuite, Peter Ford, ancien ambassadeur britannique en Syrie et à Bahreïn, s’est inspiré de son expérience de longue date en tant que diplomate et fonctionnaire de l’ONU basé au Moyen-Orient pour expliquer la situation géopolitique actuelle.

« Les gens qui ne sont pas des lecteurs réguliers du Morning Star (quotidien communiste – NdT) pourraient être pardonnés de penser que l’impérialisme a pris fin lorsque les colonies sont devenues libres. Rien n’est plus faux. Nous avons maintenant une nouvelle forme d’impérialisme, plus insidieuse mais plus puissante, qui se cache derrière les mots pour étendre son hégémonie. Des expressions comme « protéger nos alliés » , « contre les armes de destruction massive » ou « défendre les droits de l’homme » - cette dernière s’applique aussi bien à gauche qu’à droite. »

« A gauche, nous devons être particulièrement attentifs à l’"interventionnisme libéral" : c’est en fait la nouvelle version du "fardeau de l’homme blanc", poursuit Ford. « Dans chaque cas, nous intervenons dans des régions moins développées du monde qui ne sont généralement pas en mesure de riposter. Considérez la guerre effroyable au Yémen - l’un des pays les plus pauvres et les plus faibles du monde. C’était autrefois une colonie britannique, mais l’indépendance ne l’a pas libérée. Lorsque les Yéménites ont osé se débarrasser de leur gouvernement pro-saoudien, les Saoudiens, avec le soutien britannique et américain, ont commencé à bombarder et à imposer un blocus au Yémen. Les conditions de siège et les bombardements ont conduit à une terrible épidémie de choléra. »

N’importe quel véritable humaniste serait très préoccupé par la situation désastreuse au Yémen, mais devinez quoi ? Les « interventionnistes libéraux » qui ont encouragé les « interventions humanitaires » ailleurs se taisent.

En examinant la situation mondiale, Ford a décrit le fonctionnement de l’Empire américain.

« Les Américains ont près de 800 bases militaires à travers le monde, réparties dans environ 70 pays et territoires. Montrez moi un pays avec une base américaine et je vais montrerai une colonie de facto ou un état vassal. C’en est presque médiéval : il faut rendre hommage au souverain - l’Amérique. C’est notre condition (les Britanniques) aujourd’hui. Nous sommes l’équivalent d’un état vassal », dit-il.

Lors de mon allocution, j’ai souligné à quel point il était important que les attaques, les interventions et les campagnes de déstabilisation dirigées par les États-Unis contre des États souverains au cours des 20 dernières années s’inscrivent dans le cadre de la même guerre, une guerre menée en vue d’une domination mondiale totale. Les pays indépendants, riches en ressources naturelles et généralement dotés de gouvernements et d’économies socialistes/socialisants qui n’étaient pas contrôlés par des sociétés multinationales, ont été ciblés, un par un. Dans chaque cas, les dirigeants des pays concernés ont été diabolisés sans relâche. On les appelait des dictateurs, même si, dans le cas de Hugo Chavez et Slobodan Milosevic, ils avaient remporté de nombreuses élections démocratiques et opéraient dans des pays où les partis d’opposition fonctionnaient librement.

Les "États cibles" ont fait l’objet de sanctions draconiennes qui ont créé des difficultés économiques et un environnement "sous pression", ce qui a généralement entraîné des manifestations de rue contre le gouvernement, encouragées par les Etats-Unis. On a ensuite dit à ces gouvernements que « le monde vous observe » et ils ont reçu l’ordre de ne pas réagir, même lorsque les manifestants recouraient à la violence. La même stratégie a été déployée en Yougoslavie en 2000, en Ukraine en 2014 et au Venezuela en 2017. En Afghanistan et en Irak, nous avons assisté à une invasion à grande échelle (basée sur la « fake news » (fausse nouvelle) que Saddam possédait des Armes de Destruction Massive) et en Libye (et en Yougoslavie) à une campagne de bombardement de l’OTAN.

Il y a eu une guerre sans fin au cours des vingt dernières années et elle ne s’achèvera pas tant que nous ne comprendrons pas ce qui se passe et que nous n’exigerons pas une nouvelle politique étrangère en lieu et place de l’actuelle politique raciste qui soutient que les États-Unis et leurs alliés les plus proches ont le droit de dire qui devrait ou ne devrait pas diriger d’autres pays, mais qui refuse les mêmes droits aux pays ’inférieurs’ ciblés.

La journaliste courageuse Eva Bartlett, qui nous a rejoint depuis le Canada, s’est ensuite exprimée et a commencé par décrire ses expériences en RPDC (Corée du Nord), un autre pays menacé par les États-Unis.

« Beaucoup de gens croient que ce qui se passe en Corée du Nord, c’est l’histoire d’un fou avec une mauvaise coupe de cheveux et un doigt sur le bouton nucléaire. Mais non, je ne parle pas de Trump », dit-elle sous les rires de la salle.

Bartlett a expliqué comment nous sommes encouragés à considérer la Corée du Nord comme une menace, mais généralement sans aucun contexte, et sans parler de la dévastation totale provoquée par les bombardements américains dans les années 1950. Au cours des décennies, des personnalités américaines de premier plan ont régulièrement menacé d’exterminer la Corée du Nord.

« Ce que les Nord-Coréens font, c’est se défendre », a dit Bartlett.

Après avoir vu ce qui est arrivé à l’Irak, à la Libye, à l’Afghanistan et à d’autres pays ciblés par les États-Unis ces dernières années, qui peut leur en vouloir ?

En plus de visiter la RPDC en 2017, Bartlett s’est rendu sept fois en Syrie depuis le début du conflit en 2011. Elle a décrit ses expériences dans le pays et expliqué comment la situation sur le terrain était souvent très différente du discours impérialiste dominant qui tient le gouvernement syrien et le président Assad pour responsable de tous les maux. Elle a donné comme exemple la libération de l’est d’Alep des terroristes en décembre 2016, qui a été dépeinte comme une chose terrible par une grande partie des médias occidentaux et de l’establishment politique.

« Les médias privés ont parlé de la chute d’Alep alors que les Syriens eux célébraient la libération complète de la ville et que les chrétiens pouvaient célébrer Noël pour la première fois depuis des années », a-t-elle déclaré.

Le dernier orateur de la soirée fut le légendaire George Galloway qui nous a éblouis par son oraison, son humour et son intelligence. Galloway a cité le Dr Samuel Johnson, en disant que « la dictature la plus sinistre de toutes est celle de l’orthodoxie dominante. Et c’est celle sous laquelle nous vivons. On peut discuter de la couleur de la peinture sur les murs de Westminster, mais quand il s’agit de parler de choses qui comptent vraiment, les marges sont très étroits. L’orthodoxie dominante, c’est l’économie néolibérale et une politique impérialiste néoconservatrice à l’étranger. Donc, quiconque la conteste doit, par définition, être présentée comme un hors-la-loi. N’est-ce pas le monde dans lequel nous vivons ? »

Rappelant le rôle central joué par l’Armée rouge soviétique dans la défaite des nazis, il a déclaré : « Nous vivons à une époque où nous sommes encouragés à haïr et à craindre la Russie. Mais je ne haïrai jamais, jamais, la Russie et ne resterai jamais silencieux lorsque d’autres provoquent la haine contre elle. »

Au moment d’écrire ces lignes, la vidéo de l’Impérialisme en procès sur la page Facebook de RTUK a été vue 35 000 fois. L’événement a été un tel succès qu’un ’Roadshow’ est déjà en préparation. Le mot en « I » doit être discuté ouvertement. Parce que si nous ne nous prononçons pas vigoureusement et sans crainte contre l’impérialisme moderne, et si nous ne l’appelons pas par son nom, nous pourrions bien nous diriger vers Armageddon.

Neil Clark

@NeilClark66

Neil Clark est journaliste, écrivain, et blogueur. Il a écrit pour de nombreux journaux et magazines au Royaume-Uni et dans d’autres pays, notamment The Guardian, Morning Star, Daily and Sunday Express, Mail on Sunday, Daily Mail, Daily Telegraph, New Statesman, The Spectator, The Week et The American Conservative. Il est régulièrement invité en tant qu’expert sur RT et a également participé à des émissions de télévision et de radio de la BBC, Sky News, Press TV et Voice of Russia. Il est le cofondateur de la Campaign For Public Ownership @PublicOwnership. Son blogue primé se trouve à www.neilclark66.blogspot.com. Il tweet sur la politique et les affaires du monde

Source de l’article : Le grand soir


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