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Réflexion sur l’enseignement universitaire:Par Saci Belgat

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mercredi, 5 juillet 2017 04:59


La langue d’enseignement : j’avoue avoir été grugé par le semblant de modernité et d’efficacité imposé par la langue française et ce piège mortel de la guerre de tranchée entre partisans sectaires des deux bords français et arabes. comme si, sur terre ils sont les dépositaires légataires des deux cultures et de leurs influences.
Un intellectuel si tant est qu’il s’inscrit dans le combat d’émancipation et de promotion culturelle de son peuple, il doit, selon mon raisonnement, rechercher ce qui est efficace et ce qui promeut le progrès et l’intelligence des élites en formation. En ce sens,Il doit scruter le présent avec des lunettes toujours renouvelées, c’est à dire qu’il doit s’élever au dessus des contingences du moment et des influences idéologiques du moment.
- aujourd’hui nous subissons à notre corps défendant la suprématie écrasante du modèle idéologique de domination occidental - à la fois dans ce qu’il peut apporter de moderne et de possibilités d’accès au savoir comme dans l’écrasement du moi national, de l’identité et de la singularité des peuples.
- l’argument récriminateur qui fait de la langue arabe un véhicule de la tradition et du repli y compris dans sa forme violente et réactionnaire du terrorisme islamiste est médiocre.
L’afghan qui se fait sauter ne sait pas plus de la langue arabe que le Parisien.Et pourtant les deux sont frères dans ce combat des idiots.
de cette cette dérive sectaire l’arabe pas plus que la spiritualité apaisée et généreuse de ma mère n’en sont coupables.
- les causes sont ailleurs, et il faut les chercher y compris dans la domination abjecte et inhumaine des peuples d’orient et du sud par le système occidental mondialisé.
une fois que l’on s’est décomplexé au sens de Bourdieu de ce procès fait à desseins on ose la réflexion en acceptant, en assumant et en portant sa part de polémique et de débats contradictoires.
Réalités et discours sur l’université algérienne :
- Qu’est ce qui se passe dans nos universités :
- l’écrasante majorité des étudiants issus des couches défavorisées de la société sont largués, ils sortiront de l’université sans qu’il aient eu accès pleinement au savoir et à l’ivresse intellectuelle et spirituelle qu’il procure.
- il est vrai que le niveau intellectuel et scientifique a rudement chuté - mais pour autant est-il de la seule faute "médiocre" des potaches et de leur supposée paresse intellectuelle.
- quelle part nous portons individuellement et collectivement en tant que communauté universitaire dans ce cul de sac.
cet équilibre de la médiocrité et de la paresse globalisées dénoncé par ailleurs par Djabi, cheniki et d’autres noms professorales.
- est -il raisonnable au simple plan du bon sens de demander à des jeunes étudiants venus pour la majorité des régions défavorisées où le français ne se pratique pas d’apprendre des sciences complexes qui s’appuient sur la réflexion dans une langue qui leur est quasiment étrangère.
- n’est - il pas plus efficace d’ouvrir la porte de l’universelle dans la langue la plus proche de celle qu’il a pratiquée depuis son entrée à l’école du savoir et de l’écriture.
- n’est -il pas mieux indiqué pour l’université algérienne de développer un pôle de traduction efficace - de lexique deux ou tri- langues permettant a à nos jeunes de se familiariser avec les concepts et de leurs significations.
- pourquoi ne pas imaginer au moins une année de maîtrise des langues et des passerelles entre elles- ainsi serait -il un chemin de fluidification des savoirs.
- mettre de l’huile dans cet engrenage avant qu’il ne déraille dont les conséquences seront dramatiques pour toute la société.
Je reviens à ma posture de sachant, diffusant des savoirs à mes jeunes compatriotes.
- je discours en amphi dans une langue insuffisamment dominée par les jeunes potaches et je m’en rends compte que nombreux de mes étudiants décrochent vite- soit carrément en séchant les cours ou encore moins visibles en y assistant sans se saisir de la quintessence du discours c’est à dire de la complexité dialectique des sciences agronomiques.
(en ordre de grandeurs 4 étudiants sur 150 étudiants en deuxième année d’agronomie module sol ont eu une moyenne supérieure à 10).
- cet échec avant d’en être le leur c’est le mien et je l’ai ressenti avec douleur et tristesse.
- Je sors de l’amphi, mes étudiants avec qui j’entretiens des rapports d’exigence et d’amitiés me le disent " oui c’est bien ce que vous faites, on sait que vous êtes un des rares qui nous aiment mais nous ne comprenons pas" . A ce sujet l’administration ne fait rien pour améliorer le débat et facilité le travail des enseignants consciencieux.
je m’interroge qu’est ce qui se passe- et comment je dois m’en sortir de ce piège d’abord pour mon aisance intellectuelle et pour vivre mieux et apaisé mon algérianité -
comment je vais accorder mon effort d’enseignement et de recherche à la réalité non pas pour perpétuer cet état de fait- dénoncer par ailleurs par le sociologue Djabi - mais pour en être efficace dans la formation des futurs dirigeants de l’Algérie.
faut-il que je continue à ignorer ce mur que je dénonce par ailleurs chez les autres ;
en somme, la position confortable que j’occupe en enseignant dans une langue très étrangère à l’écrasante majorité des étudiants me devient insupportable.
le discours qui exige des seuls étudiants à se hisser très rapidement au niveau exigées par les accumulations intelligentes et subtiles des sciences agronomiques est irréaliste - c’est un discours de confort et d’aisance.
- le discours non moins qui incrimine les seuls étudiants de paresse est aussi crasse que celui qui cherche à conforter et pérenniser cet équilibre dont sa manifestation dramatique s’est soldée par plusieurs assassinats et agressions entre étudiants et enseignants.
au contraire faut -il m’adapter à mes étudiants , produire de nouveaux outils pédagogiques, y compris en travaillant en équipe avec des linguistes sur des lexiques , des vidéos sonores - augmenter le nombre d’heures de diffusion y compris en faisant travailler l’université tard la nuit.
- comment devenons nous accepter qu’une université ferme ses portes à 16 heurs dans un pays où le jour est plus long que la nuit (bénédiction).
- comment accepter d’une université où la réflexion est devenue le parent pauvre, quand celle ci n’est pas simplement criminalisée et réprimée (cf Cheniki).
- je laisse la fenêtre ouverte pour un débat serein


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