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Réponse à l’article de Ali Mostafa « Projet algéro-américain : Exploitation agricole de Brezina - Un pôle de formation et de production Par Belgat Saci

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jeudi, 11 mai 2017 08:03

Pour que le lecteur en soit informé, je reprends quelques passages de l’article qui ont attirés ma curiosité de pédologue.
Je cite :

« Dans un souci de quête de vérité et afin de rapporter objectivement des informations fiables concernant le projet « El Firma El Asria » (la ferme moderne) lancé en partenariat entre le groupe Lacheb et le consortium américain IAAG à Brezina (wilaya d’El Bayadh), nous nous sommes rendus sur les lieux. Notre souci était également d’atténuer les effets découlant de la polémique grandissante entourant ce qui est communément appelé le mégaprojet algéro-américain.
« En traversant les immenses steppes désertiques qui nous mènent vers le lieu du projet, nous sommes pris en otage par des vents violents soulevant un épais nuage de sable et de poussière. Manquant de visibilité, nous marquons un temps d’arrêt, au même titre qu’un camion. Une sage décision. Une demi-heure après que les vents se soient apaisés, nous pûmes reprendre notre route non sans observer une grande prudence, tout en nous délectant des paysages à la fois accueillants et hostiles. ».
Le journaliste, aurait du s’interroger sur non pas les vents désertiques c’est la période, mais sur ce nuage de fines poussières qui au passage traverse depuis au moins une trentaine d’année la méditerranée, arrivent à Paris sans visa Schengen et aujourd’hui à New York sans les autorisations de Trump et en brulant tous les murs humains.
Mais pourquoi diantre toute cette masse de poussière – nous le savons depuis longtemps : que c’est la conséquence de la dégradation des écosystèmes naturels pré steppiques et steppiques. Et, à l’origine de ce déplacement de masse de poussière l’ Instabilité structurale dont la pédologie tente de quantifier et de lui donner un sens.
En effet, la dégradation des nappes alfatières, le sur-pâturage, le labourage des sols légers et peu profond ont détruit la végétation spontanée qui assurait un équilibre fragile de ces écosystèmes.
Toute anthropisation poussée d’un milieu naturel aboutit inéluctablement à sa destruction. De nombreuses civilisations ont disparu par ignorance de cette loi des équilibres écologiques.
Monsieur Alili Mostafa, ce sont des américains, pas ceux que vous avez rencontrés à dayat el bagrat, car à l’évidence ils n’appartiennent pas au même cercle de réflexion, qui nous en informent, nous mettent en garde contre la destruction de la structure des sols et Pourquoi ?
Il se trouve que de 1930 à 1939 le Middle West forteresse agricole des USA et suite à des labourages intensifs, utilisant des outils de plus en plus grands, de plus en plus puissants et de plus en plus lourds, compliqués par une séquence climatique sèche des milliards de tonnes d’éléments fins (argiles et limons) ont été déplacés – cette catastrophe immortalisée par John Steinbeck dans les raisins de la colère a fait déplacer plus de 3 millions d’américains et ruinés des dizaines de milliers de fermiers.
Quels ont été les enseignements tirés de cette catastrophe écologique :
Vous savez les américains aussi libéraux qu’ils sont ont une charte appelée « What Peace can mean to American Farmers – Agricultural Policy « Publication du Ministère de l’agriculture 1945 :
Le 6ème objectif de cette charte concerne justement « la conservation des ressources naturelles et, en particulier, de la structure et de la fertilité du sol, doit être assurée. Il y à là, tant en raisons des conditions physiques (sol et climat) que de la nature de l’agriculture du pays, un problème considérable. Les solutions en sont plus économiques que techniques. Elles sont intimement liées au reste du programme agricole. L’accession à la propriété, un revenu suffisant et stable contribuent à éviter l’agriculture « minières ».
J’ai cité in extenso l’un des objectifs de l’USDA qui pour votre information, cette précaution a été renforcé dans la nouvelle charte du « Natural Resources Conservation Service » organisme fédéral qui a remplacé le « Soil Conservation Service » né tout juste après la catastrophe qui a affecté spécifiquement l’Oklahoma et l’Arkansas.
Si les américains prennent des précautions chez eux pourquoi voudriez vous que l’Algérie pour des intérêts mercantiles de groupes privés en soit ouverte aux quatre vents et quels vents ceux du sud qui décapent tout sur leurs passages, détruisent la structure des sols et font déplacer des millions de tonnes d’éléments fins dont vous avez été victime.
Je reviens à l’article :
Apparemment vous êtes tombés en adoration devant la machinerie américaine et sa superpuissance.
Question basique d’un agronome de terrain : Aux Américains et à Lechab Groupe est ce qu’il leur est demandé de construire une série de stades de football, un segment routier de l’autoroute des hautes plaines ou de mettre en valeurs des sols ?
Si tel est de mettre en valeur des sols : il faut que vous sachiez que la terre arable n’accepte pas les engins lourds et voilà pourquoi notamment les américains chez eux s’inquiètent de l’agriculture minière intensivement intensive.
Vous savez ce que disent les spécialistes à ce sujet. Mes références sont documentées et je vous renvoie si vous le souhaitez à la référence :
« le processus de formation du sol s’étend sur une très longue échelle de temps, tandis qu’il ne faut qu’une minute peut être à une pelle mécanique pour l’éventrer de sa « gueule dentée » et réduire à néant ce minutieux travail ».
C’est ce que El Firma el asria est en train de faire avec la complicité d’un gouvernement hébété, tétanisé par la gravité de la crise économique et financière. Prêt à hypothéqué l’avenir d’un pays dans des mirages :
Un sol fusse le plus profond, le plus fertile ne peut supporter cette machinerie diabolique sans conséquences graves sur sa stabilité. Ce sont les lois de la pédologie et de la mécanique des sols appliquée à l’agronomie.
On en vient dans les temps actuels à préconiser le non labour, et ce sont les américains qui sont en pointe dans ces techniques modernes de conservation et de protection des sols.
Vous savez les américains ceux que je respecte, mes confrères pédologues depuis cette catastrophe ils ont initié des techniques et des modes opératoires que la communauté internationale des agronomes a adoptée :
- Contour plowing (travaux selon les courbes de niveaux),
- Strip cropping (cultures en bandes).
Ces américains, mes confrères ceux qui ont une haute idée de l’agronomie et de la valeur naturelle des sols, ils ne s’aventureront jamais dans un projet sulfureux aux contours obscurs.
Pour Aiguiser votre curiosité - interrogez vous sur l’expérience américaine de la plaine de Abadla justement une œuvre américaine.
Que sont devenus les sols de cette plaine ? Les sols se sont dégradés à un point où la salinité naguère confinée à sa périphérie en a gagnée le centre mou de la plaine, les sols en sont devenus infertiles.
Interrogez vous encore sur l’expérience malheureuse des fermes pilotes de Gassi-Touil, Pourquoi ce projet pharaonique qui a occupé longtemps les journaux de l’ENTV a été abandonné.
Je reviens à votre article où Lecheb et sa compagnie prennent prétexte de la situation déshéritée de la population pour enfoncer le clou de la privatisation rampante des terres publiques.
Toujours je m’appuie sur ce que disent les américains dans leur charte de protection des sols :
« La production et la distribution des produits agricoles doivent être assurées d’une façon efficiente, c’est à dire que les avantages des bonnes terres doivent être utilisées à plein et qu’il faut éviter de gaspiller des efforts sur des terres trop peu productives ou sur des exploitations de dimensions insuffisantes. En cas de crise économique, l’agriculture ne doit pas servir d’exutoire aux chômeurs de l’industrie »
Nous y sommes, confronté à une grave crise économique et financière qu’on refuse en haut lieu d’analyser, donc de situer les responsabilités et surtout comme point d’achoppement changer de gouvernance. C’est la fuite en avant qui fait office de programme- en confiant l’eau des nappes albiennes du Sahara, du chott ech chergi et les terres du Sahara à des groupes privés qui pour le mieux gardent leurs objectifs à long terme sous le coude ?
Est –il donné à un Américain d’origine Libanaise de statuer sur l’utilisation des eaux de l’Albien- qu’il s’occupe de la plaine de la Bekaa , quant aux eaux de l’Albien du Sahara septentrional nous savons ce que nous devons en faire et même l’Algérien qui est en gestation ou en projet a un droit de dire, et ce qu’il attend de ces eaux.
Je vous cite :
« En effet, et suite à certaines consultations, nous confirmons que ce projet apporte de l’oxygène à cette région enclavée où le chômage est endémique et où l’oisiveté guette la plupart des jeunes. Selon les explications et indications fournies sur les lieux, un peu moins de 40% de la population devront accéder à des postes de travail, mais également à un apprentissage des diverses techniques liées à l’agriculture. »
Pour enfoncer le clou, la charte américaine voilà ce qu’elle dit sur les campagnes en son
Quatrième objectif « les habitants des campagnes doivent bénéficier des mêmes services publics que les citadins. Ils ont droit à des écoles aussi bonnes, à des services médicaux, aussi bien organisés, à des loisirs aussi variés ».
Incapables d’assurer une justice sociale à l’ensemble de ses gouvernés, les chevaliers de l’improvisation déroutent nos regard des vrais problèmes et surtout de ce qui se prépare dans les cercles obscures sur la privatisation des terres publiques.
Voyez vous les américains que nous aimons et avec lesquels nous aimerons travailler ne sont ni stupides, ni voraces. Ils seront certainement pour nous d’un grand apport dans la réhabilitation des steppes algériennes, le développement de fermes modernes d’élevage ovins et camelins, dans la réhabilitation des oasis et notamment dans le développement en grand de la phoeniciculture où nous avons un formidable potentiel.
Quant à la pomme de terre, il ne faut pas aller loin dans le nord pour la produire, au bas de mon immeuble si nous manquons de terres, mais je vous fais savoir que 40.000 ha du haut et du bas chellif des sols vertiques fertiles marqués par une salinité à corriger attendent d’être mis en culture.
Je ne vous dirais rien sur les sols des plaines alluviales du Nord perdues à la salinisation secondaire et à l’urbanisme anarchique.
A propos et pour clore ma réponse, faites en attention à la terminologie de la géomorphologie : une daya c’est un encaissement où se sont déposés des limons – la daya d’el bagrat a une contenance de 4500 ha, les 20.000 ha ne sont que des hamadas, sur des sols gypso-calcaires indurés, impropres à l’agriculture.

Belgat Saci.


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