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A propos de la réhabilitation du féodal Bengana Par Smaïl Hadj Ali

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mercredi, 1er mars 2017 06:16

Afin de restituer la réalité des questions induites par le livre de Madame F. Furon sur le bachagha (1) Bengana ou Benganah, son arrière-grand-père, il est utile de préciser qu’il s’agit du Bengana du XXe siècle, mort en 1945, descendant de la lignée qui fit allégeance à la colonisation dès 1830, et dont le chef de tente, le « grand caïd » M’hamed Benganah, se distingua dans la découpe d’oreilles des résistants algériens. Le pseudo-dernier roi des Zibans, dont parle son arrière-petite-fille est celui dont il est question dans le portrait abrégé qui suit. C’est celui qui, lors de la célébration du Centenaire de la colonisation, à Sidi Oqba s’écria : « Si les Arabes avaient connu les Français en 1830, ils auraient chargé leurs fusils avec des fleurs. » (Cité par Jacques Berque.).

Parmi les forfaitures et les exactions commises au profit du système colonial, et du sien, contre les Algériens, il y a celles notoires vécues par le patriote

Chebbah El-Mekki, homme de grande culture et dramaturge.


Né à Biskra, ce militant communiste, anticolonialiste, membre également de l’Association des oulémas, paya chèrement son combat contre le colonialisme et ses auxiliaires, à l’image du bachagha Bouaziz Bengana, objet d’une réhabilitation néocoloniale, au même titre d’ailleurs que Thomas Urbain, dit Ismaïl, Urbain, lors du Sila d’Alger en 2012 par un ancien officier de la SAS, invité officiel du Salon du livre.

En 1936, reprochant à Chebbah Mekki de faire de la politique, le bachagha ferma le nadi de C. Mekki – les nadi étaient des clubs, sorte de cafés socioculturels initiés par les badisiens. Puis, dans un deuxième temps, le bachagna l’attacha pieds et poings à la queue d’un cheval qui le traîna ainsi de Biskra à la prison de Oued Djellal, soit sur plus de cent kilomètres.

Voilà un des actes de bravoure de « cet ancêtre » « aristocrate valeureux », de cet « agha en redingote », pour reprendre Jacques Berque. Parmi ses actes « valeureux », comment ne pas rappeler son trafic sur les denrées alimentaires durant la Seconde Guerre mondiale, alors que la population algérienne plongée dans une misère noire crevait de la famine ?

Note 1. Titre nobiliaire ottoman, remis au goût du jour par la France coloniale pour « ennoblir » ses auxiliaires-collabos et pérenniser sa domination-exploitation. En 1930, Centenaire oblige, la France bienfaitrice nomme, en une seule fournée, vingt-sept bachagha.

S. H.-A.

(Timbre réalisé par les Secours populaires Français à l’époque dans une compagne de soutien au militant communiste Chebah El Mekki)


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