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Troisième Table Ronde Les indépendances confisquées (2)

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dimanche, 24 février 2013 18:11

Troisième Table Ronde Les indépendances confisquées (2) Saïd Bouamama - Front Uni des Immigrations et des Quartiers populaires (FUIQP)

Troisième Table Ronde Les indépendances confisquées (2)
Saïd Bouamama - Front Uni des Immigrations et des Quartiers populaires (FUIQP)

Quatrièmes Rencontres nationales des Luttes de l’Immigration
Echirolles les 10 et 11 novembre 2012
Y.M. & A.V. – Les intertitres ont été ajoutés

Kamel a bien résumé la position du Front. Il n’y a pas grand-chose à ajouter. A propos de la question de la recolonisation, je voudrais de façon très synthétique donner juste quelques points de repères sur les pièges qui vont nous être tendus. Je vais rappeler des éléments qui, mis bout à bout, et malgré un certain caractère de banalité vont faire apparaître la cohérence des manœuvres de l’impérialisme, et nous permettre de ne pas être dupes.

Un devoir de connaissance historique

Aujourd’hui, ce qui se joue, c’est la reproduction d’un système social, en l’occurrence le système impérialiste qui a besoin de s’étendre à la planète. On a donc tout intérêt à tirer les leçons de la phase précédente et en conséquence, le devoir de connaissance historique est incontestablement notre première tâche. Il serait dangereux de croire qu’il y a eu une évolution spontanée vers la décolonisation. Ce ne sont pas les colonisateurs qui auraient compris, à un moment donné, que l’on serait passé à une autre phase. La décolonisation est bel et bien le résultat d’un certain nombre de luttes menées par les combattants des pays colonisés. Pour aller plus loin, je crois même qu’il faut abandonner le terme de décolonisation qui masque la réalité même de la lutte pour l’indépendance. En réalité, il y a toujours eu opposition entre ces deux termes, entre ceux qui mettaient en avant le combat pour l’indépendance et ceux qui, se refusant à reconnaître le rôle des luttes, l’ont traduit en termes de décolonisation. En vérité, la décolonisation n’a été possible que par la radicalisation des luttes pour l’indépendance nationale. Rappelons-nous les assauts menés par les dominés, rappelons-nous Dien Bien Phu, rappelons-nous le 1er novembre 1954, puis Bandung en 55, ce sont ces premières victoires qui ont coûté très cher en violence, en vies humaines, ce sont ces premières victoires qui ont amené les grandes puissances impérialistes à construire le discours sur la décolonisation. La peur que ces luttes radicales influencent et se propagent à l’ensemble du continent était telle que le mot d’ordre à l’époque était « Lâcher l’Afrique pour garder l’Algérie ». Nous devons nous dire qu’aujourd’hui nos peuples, -et quand je dis nos peuples, il s’agit de tous les peuples dominés aujourd’hui,- vont inévitablement se révolter.
Ces luttes prendront des formes que l’on ne peut pas prévoir, mais inévitablement des mouvements sociaux massifs se développeront en Afrique et dans le monde arabe. La question qui nous est dès lors posée, c’est celle de la responsabilité qui nous incombe, nous qui sommes au cœur de la bête, au cœur du système, là où se prennent les décisions d’agresser des peuples. Allons-nous nous considérer comme spectateurs, ou avons-nous une place à prendre dans ce combat ? Sur ce point également, celui de notre participation à ce combat commun, les anciens nous donnent des leçons. Il faut rappeler que l’immigration a apporté une contribution importante au combat de leurs peuples pour la libération. Inutile de dire que dans la situation actuelle, le chemin à parcourir est encore énorme. L’intervention en Libye a pu se faire sans que cela provoque de manifestations massives. Aujourd’hui, l’éventualité d’une intervention en Syrie divise même les militants ! Des reproches certes peuvent être légitimement être adressés à Assad mais ne pas s’opposer à une intervention en Syrie traduit, en comparaison avec les générations antérieures, une baisse de la conscience politique, une baisse de la compréhension des enjeux.

Un besoin de légitimation

L’Histoire nous enseigne également qu’à chaque période durant laquelle le colonialisme a accéléré ses agressions, il a eu besoin d’indigènes légitimant ses interventions. Il a eu besoin de Mamadou et de Mohamed venant lui dire « S’il vous plaît, intervenez ! » Je rappelle cela pour que l’on ne soit pas surpris que des individus ou des forces politiques viennent anticiper les besoins de l’impérialisme tout simplement parce que c’est le système même qui les produit.

Un passé riche en possibles

Face aux agressions de l’impérialisme interroger l’Histoire permet et de déblayer le terrain et d’entrevoir des possibles. Je vais rappeler deux faits : la dernière mission de Frantz Fanon au nom du Front de Libération national était d’organiser des brigades africaines de volontaires maliens, ghanéens,… pour aller combattre les armes à la main contre le colonialisme français. C’était mettre sur pied l’unité du continent face à l’impérialisme qui voulait dominer l’Afrique. Et on ne peut que mesurer le degré de repli qui est le nôtre aujourd’hui. Lors du Congrès d’Accra en 1958, qui réunissait l’ensemble des mouvements de libération nationale, deux conclusions importantes :
- l’indépendance politique qui ne s’étend pas jusqu’à la souveraineté économique, jusqu’à la libération des liens d’allégeance économique avec les puissances colonisatrices est une indépendance qui est complètement factice. Si à l’époque, on utilisait le terme de néo-colonialisme, aujourd’hui la situation de nos pays n’est-elle pas largement une situation néo-coloniale ?
- Pour résister à l’impérialisme et présenter un front plus solides que celui de nations indépendantes prises séparément, un projet d’Etats-Unis d’Afrique fut même proposé, jusqu’à débattre du choix de sa capitale. Il fut même admis que les Etats-Unis d’Afrique auraient deux capitales, au Sud le Cap en raison de la lutte contre l’apartheid et au Nord Alger pour rendre hommage à la lutte de libération en cours. C’était un rêve, une utopie, mais les nationalismes avaient été dépassés, l’unité du continent, la solidarité de l’ensemble des peuples pour résister à l’impérialisme étaient à l’ordre du jour et répondaient à la dimension d’émancipation qui nourrissait les luttes.
Ce que fait l’impérialisme aujourd’hui, -casser les entités nationales pour remettre en avant des entités soit régionales, soit identitaires, soit tribales, en prétendant défendre des minorités opprimées-, montre le recul qui s’est opéré dans nos modes de pensée et parfois, de façon paradoxale, on peut affirmer que c’est le passé qui est notre avenir.

Diviser pour casser les Etats

Loin de souscrire à la théorie du complot, loin de vouloir donner une quelconque consistance à cette théorie, nous avons toutefois affaire à une stratégie calculée et programmée des dominants. Six mois avant la première guerre d’Irak, un curieux rapport est demandé à la CIA : il s’agit de dénombrer l’ensemble des minorités opprimées dans le monde. Et la CIA va en dénombrer deux mille ! Rapport très utile pour les Etats-Unis, deux mille clés qui vont permettre aux Etats-Unis de démembrer et de casser les Etats qu’ils ont intérêt à atomiser. Dans ce rapport figurent les Kurdes, les Amazigh, les populations du Sud Soudan, … Ce rapport-là va permettre la construction d’un discours de légitimation des ingérences et des interventions. La menace est sérieuse, ainsi pour casser éventuellement l’Etat-nation d’Algérie, ils n’interviendront pas en tenant le discours selon lequel le Blanc est supérieur à l’Arabe mais justifieront leur intervention en disant « Les Berbères sont opprimés, il faut intervenir », ce qui ne veut pas dire qu’il faille sous-estimer la question amazigh. Personnellement, je suis pour les revendications culturelles des amazigh mais dans le cas présent une lutte juste serait récupérée et instrumentalisée pour justifier une intervention. En Irak, on nous a parlé des Kurdes opprimés, en Libye, au tout début on nous a parlé des amazigh, ailleurs ce sera une minorité religieuse, ici les chiites, là les sunnites …Il faut cesser de se faire berner…Partout où ils voudront intervenir, leur stratégie de légitimation, va consister à s’appuyer sur des réalités justes pour les instrumentaliser. Nous avons vraiment à mener une campagne durable parce que la stratégie qu’ils ont mise en place est inscrite dans la durée, non pas pour six mois, mais pour des années. Il nous faut préparer les militants à démasquer ces stratagèmes-là et à agir en conséquence, parce que nous sommes « au cœur de la bête ». Si nous voulons aider nos peuples, ce n’est pas en luttant comme le font les Palestiniens, les Libyens, les Irakiens qui se battent sur place, dans leurs pays. Le seul coup de main que nous pouvons leur donner d’ici, c’est de réfléchir au meilleur moyen d’affaiblir l’agresseur dans son propre cœur, c’est à dire ici même.
Redévelopper une dynamique anti impérialiste sans hésitations ou sans atermoiements, mais qui s’oppose à toute intervention quelles que soient les circonstances, est une exigence et pas seulement au Front Uni. Fanon nous le rappelait : « Jamais un agresseur ne peut apporter une émancipation »

Eléments complémentaires après le débat Saïd Bouamama

Sur la problématique des guerres coloniales, on a vraiment à se poser une question essentielle et à la poser partout, « Est-il possible que les Noirs et les Arabes, qui sont français, puissent être traités de manière égalitaire, puissent estimer être des citoyens, puissent se sentir respectés si en même temps, les Noirs et les Arabes, ailleurs dans le monde, sont dominés, exploités, humiliés ? » Il ne s’agit pas seulement d’une solidarité abstraite, mais de la prise en compte d’un sort commun, d’un destin commun. Et tant que cette dimension-là ne sera pas comprise, intégrée, on aura du mal à comprendre que le sort des pays du Sud détermine le sort de ceux qui vivent ici, et on aura du mal à construire dans la durée.

Autre question d’importance : sur quoi agir ? J’ai bien entendu ce qui a été dit dans le débat : « il y a des corrupteurs et des corrompus », des militants ont critiqué des régimes en place souvent à raison, mais pour nous qui sommes en France, on doit s’interroger sur qui on peut agir … Surles corrompus ? Cela relève bien avant tout du travail de nos peuples et nos peuples ont des militants, nos peuples sont capables de courage et comme on l’a vu, seront capables de mouvements. Nous, par contre, qui sommes ici, sur qui peut-on agir, si ce n’est sur les corrupteurs ?. C’est pour cela que je redis, de façon parfois un peu abrupte à ceux qui vivent ici « Ne me parlez pas des dictateurs ! Au moment où nos peuples bougeront, se mobiliseront, la solidarité naîtra dans les combats. Vous croyez qu’ils n’ont pas de cerveaux, pas de combattants ? » Par contre moi qui suis ici, je peux agir d’ici sur ceux qui permettent à ces corrompus d’exister. Ici, je peux et je veux affaiblir ces corrupteurs.


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